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Commémoration du centenaire du premier combat aérien le 5 octobre 2014

Commémoration du Premier Combat Aérien

Le 5 octobre 2014 à Jonchery-sur-Vesle

Diaporama photo : (galerie en bas de page)

Discours de M. Michel Hannotin, 

 Maire de Jonchery-sur-Vesle

Nous sommes aujourd'hui rassemblés pour restituer à la population de Jonchery cet élément majeur de son patrimoine historique qu'est le 1er combat aérien mondial!Je remercie chacun d'entre vous, et tout particulièrement l'ensemble des enfants présents ce matin, d'avoir accepté de se joindre à nous pour ce temps fort qui marque l'entrée de Jonchery dans le cycle mémoriel des commémorations de la Grande Guerre de 14/18.

Ce moment historique à pour nous deux significations bien particulières :

Ensemble nous allons commémorer un événement majeur de  l'histoire de l’aviation, de l'histoire de notre pays et de l'histoire de Jonchery.

 Ensemble nous allons transmettre la mémoire aux jeunes générations.
Nous sommes ce matin unis, en européens convaincus,  à l'emplacement qui fut le point de départ  de cet événement exceptionnel ! 
Il symbolise l’innovation de l’époque, et l’ingéniosité de nos soldats, il inscrit notre commune comme UN des grands témoins des guerres qui ponctuèrent le 20ème siècle. 
Le professeur François COCHET, membre du comité national scientifique du centenaire, éminent spécialiste de la grande guerre, va nous  parler des faits.

 

Discours du Professeur François Cochet,

membre du comité national scientifique du centenaire.


"Jonchery sur Vesle :  lieu emblématique de l’émergence de l’aviation militaire contemporaine." 

 

Monsieur le général chef d’état-major de l’armée de l’air,

Mesdames et Messieurs en vos noms, grades et qualités,

 

Les hommes et les matériels qui se rencontrent dans le ciel au dessus de nos têtes, il y a cent ans jour pour jour sont des acteurs d’évolutions dans l’art de la guerre qui évolue rapidement depuis les toutes premières années du jeune XXe siècle de l’époque. 

 

Les protagonistes de la journée du 5 octobre 1914 sont enserrés dans des mutations technologiques, des outils militaires et des formes guerrières alors en pleine évolution. 

 

Contrairement  à une légende tenace appuyée sur une phrase attribuée à Ferdinand Foch, commandant de l’Ecole supérieure de guerre de 1908 à 1911, armée et aviation font plutôt bon ménage en 1914. Un certain nombre d’officiers croient en l’avenir de l’aéroplane. D’ailleurs, à la date de 1914, la France est le principal producteur d’avions du monde et l’armée possède 27 escadrilles, certes plus ou moins bien achalandées en appareils. 

Avant le combat du 5 octobre, l’investissement de l’armée dans les avions est déjà important. 

> dès 1909, le ministère de la guerre acquiert ses cinq premiers avions, dont deux Henry Farman 3. 

En 1910, les aviateurs militaires et pilotes civils participent aux manœuvres de Picardie. Les techniques d’observation et de réglages d’artillerie sont alors affinées. 

En 1911, le brevet de pilote militaire est créé. Un certain Charles Tricornot de Rose, dont le nom est, bien entendu, étroitement lié à celui de Jonchery sur Vesle, devient le titulaire du brevet N°1.

En janvier 1912, les autorités militaires créent le « carnet de vol » et la même année, le capitaine de Rose préconise d’armer les appareils. 

En mars 1912, la firme Michelin, toujours à la pointe du progrès technologique, crée le « Prix de l’aéro-cible » richement doté (10, 25 et 50 000 francs, soit entre 7 et 15 ans de salaire ouvrier de l’époque). Ce prix doit permettre de développer l’entraînement des pilotes au bombardement aérien en plaçant à 800 m d’altitude, 15 projectiles dans une cible de 120 m sur 20.

En avril 1912, décidément riche en innovations, une Direction du matériel aéronautique est créée au ministère de la guerre et en juillet paraît l’instruction réglementant l’organisation des escadrilles. C’est dire concrètement, que la France est vraiment en pointe dans le registre de l’aviation militaire au moment où la guerre commence. 

 

C’est dire surtout que quand Frantz et Quenault inventent le premier véritable combat aérien de l’histoire, l’aviation  toute récente, a déjà progressé à pas de géant. 

Ces hommes qui s’affrontent le 5 octobre 1914 sont des hommes très jeunes. Joseph Frantz, bien que pilote expérimenté depuis 4 ans, n’a que 24 ans. Louis Quenault, pour lequel nous avons moins de renseignements  semble être né en octobre 1892 (22 ans). Chez les vaincus, si Frantz von Zangen né à Darmstadt est un peu plus agé du haut de ses 31 ans, son pilote Wilhelm Schlichting d’Altendorf n’a que 23 ans. 

 

Dans ce contexte, arrive l’événement du 5 octobre. 

En cette journée du 5 octobre 1914, alors que les lignes viennent de se stabiliser, la mission de l’appareil Voisin que montent Frantz et Quenault est simple. Ils ont décollé de leur terrain de Lhéry où est stationnée l’escadrille V24, pour aller survoler la zone  du fort de Brimont, aux mains des Allemands et de procéder à un bombardement à l’aide d’obus de 90 modifiés servant de bombes. L’appareil est aussi armé d’une mitrailleuse Hotchkiss. En d’autres termes, en ce début de guerre, Frantz et Quenault  sont tout à la fois observateurs, bombardiers et éventuellement intercepteurs. 

 

On sait à peu près les péripéties de la rencontre du 5 octobre. En revenant de leur mission sur Brimont, les deux aviateurs français repèrent au dessous d’eux l’Aviatik du sergent-pilote Wilhelm Schlichting et de l’observateur oberleutnant Fritz von Zangen. Entre Prouilly, Muizon et Jonchery, les deux Français décident d’attaquer l’appareil allemand et le paysage défile en dessous d’eux à 110 km/h. La notion d’équipage joue considérablement dans ce combat. Frantz pilote, tandis que Quenault ajuste le tir de sa mitrailleuse. Frantz a profité de son altitude supérieure pour se rapprocher de son adversaire. Aux manœuvres d’évitement et de feinte de Schlichting, il répond par des glissades pour se positionner à moins de 30 mètres de l’appareil allemand. Aux tirs de carabine de von Zangen, Quenault oppose les 47 cartouches de sa mitrailleuse. Celle ci s’enraye, mais immédiatement avant, l’avion allemand est touché à mort et s’abat rapidement. Un nombre considérable de soldats a suivi le duel du sol  et lorsque Frantz et Quenault se posent à proximité de l’appareil allemand écrasé, il y a déjà foule. 

 

> Ce 5 octobre marque, bien évidemment, un tournant tout autant technologique qu’en termes de doctrine d’emploi de l’aviation. Sur un appareil encore rudimentaire, Frantz et Quenault inventent la confrontation directe avec l’adversaire, la prise à partie de celui-ci dans l’espace vertical. Bien sûr, cette possible confrontation avait été envisagée depuis quelques années. Charles de Rose et le commandant Barès (directeur du service aéronautique auprès du grand quartier général de Joffre) ont exprimé dès 1912, le fait que « l’aviation est une arme, une arme nettement offensive, soit dans la chasse aux avions ennemis, soit dans la destruction des troupes et des fortifications au moyen de projectiles ». Mais avec Frantz et Quenault, ces analyses cessent d’être des abstractions et des anticipations, pour devenir réalité tangible. 

 

> les conséquences de cette première « victoire aérienne » sont considérables et les évolutions de l’arme extraordinaires sur les 4 années de guerre. 

 

> institutionnellement, immédiatement après l’exploit de Frantz et Quenault, par une note du 10 novembre 1914, dont la plume est tenue par le Commandant Barès pour l’occasion, stipule que l’aviation a désormais, « le devoir de pourchasser et de détruire les avions ennemis ». Dans cette même note, les trois fonctions fondamentales dévolues désormais à l’aviation sont clairement édictées :

-observation et réglage pour l’artillerie

-reconnaissance et bombardement

-chasse pour les escadrilles équipées d’appareils renforcés et armés. 

 

> le 1er mars 1915, Tricornot de Rose réunit, ici même à Jonchery, les membres de la MS 12 et leur explique qu’il les a choisis pour former la première escadrille de chasse.

 

> les techniques de combat se sophistiquent et l’individualisme des « As » n’est souvent qu’une image élaborée par la presse de l’arrière. L’action collective prévaut , notamment par l’engagement de plus en plus fréquent en escadrilles complètes pour saturer l’espace de l’ennemi. De figures de looping, dont celle inventée par l’Allemand Immelmann, permettent désormais aux aviateurs d’essayer de surprendre leur adversaire ou de lui échapper. Ainsi tout un ALPHABET de nouvelles figures de la guerre est inventé dans la foulée du combat fondateur de la journée du 5 octobre. 

 

>En 1918, les appareils utilisés au combat n’ont plus grand chose à voir avec la génération du début de la guerre. Les évolutions ont été extraordinairement rapides. L’appareil Voisin III de Frantz et Quenault est équipé d’un moteur Salmson  M9 de 120cv, le propulsant à environ 110kmh. Le Spad XIII, entré en service en 1917, possède un V8 Hispano-Suiza de 220 CV, qui l’amène à 234 kmh. Ses deux mitrailleuses synchronisée Vickers lui confèrent une puissance de feu considérable.
Ce ne sont plus les mêmes avions, parce que ce n’est plus la même guerre, bien sûr. 

 

Sans vouloir sombrer dans un déterminisme outrancier, le fait que le combat ait lieu dans l’espace marnais  est tout à fait symbolique. 

 

Reims et ses environs sont marqués par l’aviation dans les années qui précèdent la Grande Guerre.  

> C’est à Bétheny qu’Henri Farman, né Britannique et naturalisé Français, organise des meetings aériens.

> C’est à Reims qu’en octobre 1911, le général Roques, directeur du Génie au ministère de la Guerre, qui supervise toutes les techniques nouvelles, organise un concours d’avions militaires pour pouvoir passer commande de 40 appareils. Ce concours se déroule en présence du roi de Serbie, Pierre 1er.

> C’est à Reims qu’est créée l’escadrille 12 équipée de Nieuport VI en 1912.

>Joseph Frantz travaille chez le constructeur de biplans Savary de Mourmelon.   Il connaît bien le ciel marnais. 

> du fait que Jonchery sur Vesle est le siège de l’état-major de la 5e armée, des centaines de paires d’yeux assistent au combat du 5 octobre. Aux yeux des simples soldats, comme du général Franchet d’Esperey, c’est bien au dessus de Jonchery sur Vesle que le combat a lieu. S’il a pu être observé d’ailleurs, si l’acte de décès des aviateurs allemands a été enregistré dans un village voisin, c’est bien de Jonchery que parle la presse de l’époque et que retient la mémoire collective dès le lendemain du 5 octobre. 

 

Jonchery, avec ce tout premier combat aérien de l’histoire  de l’aéronautique militaire, mais aussi avec la présence de la sépulture de Charles Tricornot de Rose, organisateur de la chasse française, s’impose bien , dans la mémoire nationale, comme le lieu emblématique de l’émergence de l’aviation militaire contemporaine. 

 

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Jonchery-sur-Vesle reçoit le label "Centenaire 14-18" pour le 1er combat aérien mondial de l'Histoire de l'Aviation

Depuis 35 ans déjà, la commune commémore cet événement dans le cadre du devoir de mémoire et pour sensibiliser la conscience nationale de l'événement.

Dans un combat au-dessus de Jonchery-sur-Vesle devant des "milliers de spectateurs", Frantz et Quenault a bord d'un avion Voisin touche un aviatik allemand, piloté par Whilhelm Schlichting et Fritz Von Zangen qui s'écrase dans le marais de Jonchery-sur-Vesle.

L'Histoire est écrite, la victoire a un écho important dans la presse de l'époque, l'Illustration en fait une page complète et d'autres quotidiens régionaux relatent l'événement. 

Le premier combat aérien est né. 

La mission Nationale du Centenaire de la Première Guerre Mondiale a retenu l'intérêt de ce fait historique.

La commune pourra figurer au programme commémoratif officiel du Centenaire et ainsi bénéficier d'une communication nationale.

A cet effet, le lieu retenu depuis longtemps est près de la voie ferrée, aux marais de Jonchery-sur-Vesle.

Afin de permettre une visualisation de l'événement, le lavoir sera le site pour créer un espace de reconnaissance. Les travaux de réhabilitation ont commencé; il pourra accueillir à l'intérieur des éléments symboliques des faits.

Également, le conseil municipal vient d'attribuer le nom de "Frantz et Quénault" à la nouvelle médiathèque qui pourra accueillir conférences, expositions et autres manifestations avec la participation des écoles, et de personnalités reconnues. 

Jonchery-sur-Vesle village clé de l'aviation avec le Commandant de Rose créateur de l'aviation de chasse reçoit une reconnaissance officielle.

 

Galerie photo :

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